Extrait de la couverture du vol. 1 : "Projet démesuré que de couvrir près de vingt siècles d'hisoitre du monde antique gréco-romain, de parcourir un espace qui va des rivages de la Méditerranée à ceux des mers du Nord, des colonnes d'héraclès aux rives de l'Indus, de se plomger dans des documents aussi divers que les tombes d'une nécropole, la stèle inscrite plaquée aux murs du sanctuaire, le rouleau de papyrus, la scène peinte sur la panse d'un vase ... et une littérature grecque et latine qui, si elle n'a pas donné la parole aux femmes, a beaucoup parlé d'elles. On l'aura deviné, ce livre n'a pas pour fonction de remplacr l'énome production qui existe en ce domaine. Il aborde un petit nombre seulement des questions qui nous ont paru importantes pour aider à comprendre la place des femmes dans le monde antique et, plus encore peut être, dans la perspectives d'un ensemble de volumes tratant de l'histoire des femmes, comprendre les fondements d'habitudes mentales, de mesures juridiques, d'institutions sociales qui ont duré des siècles en Occident." Extrait de la couverture du vol. 2 : "Ces femmes du Moyen Âge, à qui maîtres, époux et censeurs dénient la parole avec tant de constance, ont finalement laissé plus de textes et d'échos de leur dire que de traces proprement matérielles. Le millénaire que couvre ce volume laisse, vers son début et vers sa fin, passer, un peu plus assurée, la parole même des femmes, bien qu'il faille tendre l'oreille pour la saisir, assourdie, dans le brouhaha immense du choeur des hommes. Leur discours, leurs témoignages ou leur cri nous permettent simplement de percevoir comment ont mûri en elles les modèles que directeurs de conscience ou maîtres du savoir leur imposaient, les images que les hommes leur renvoyaient d'elles-mêmes, parfois leur refus de cette vision déformée, et toujours la manière dont ces "images" se sont inscrites dans leur vie et leur chair. L'histoire tout court a tout à gagner à prendre en compte sa part féminine." Extrait de la couverture du vol. 3 : "De quelque côté que l'on se tourne, elle est présente, infiniment présente, du XVIe au XVIIIe siècle, sur l'ensemble des scènes domestique, économique, intellectuelle, publique, conflictuelle, et même ludique, de la société : la femme est là. D'elle on parle beaucoup, à perte de vue, afin de mettre l'univers en ordre : mais ici gît le paradoxe. Car ce discours pléthorique et ressassé sur la femme et sa nature est un discours traversé par le besoin de la contenir. On le pressent dès maintenant : le discours ne rend pas compte de la réalité de son existence ; aveugle, il ne la voit qu'à travers une image, celle de la femme risquant d'être dangereuse par ses excès, elle qui est si nécessaire par ses fonctions de mère. Le discours ne la montre pas, il l'invente, la définit à travers un regard savant qui ne peut que la soustraire à elle-même." Extrait dela couverture du vol. 4 : "L'image d'un XIXe siècle sombre et triste, austère et contraignant pour les femmes, est une représentation spontanée. On aurait tort de croire cependant que cette époque est seulement le temps d'une longue domination, d'une absolue soumission des femmes à une codification collective précise, socialement élaborée. Car ce siècle signe la naissance du féminisme, mot emblématique qui désigne tout aussi bien des changements structurels importants (travail salarié, autonomie de l'individu civil, droit à l'instruction) que l'apparition collective des femmes sur la scène politique. Ainsi faudrait-il dire plutôt que ce siècle est précisément le moment historique où la vie des femmes change, plus exactement le moment historique où la perspective de leur vie change ; temps de la modernité où est rendue possible une position de sujet, individu à part entière et actrice politique, future citoyenne." Extrait de la couverture du vol. 5 : "A étudier aujourd'hui, privilège de l'histoire contemporaine, des vies de femmes qui ont traversé le siècle, on est frappé par le tragique et le grandiose de leurs existences. Happées par la guerre, la révolution ou la dictature, mais aussi spectatrices et actrices d'un formidable bouleversement entre les sexes. Incontestablement la vie des femmes a changé, et l'égalité sexuelle progressé au XXe siècle, sous la pression bien sûr des féministes, grâce aussi aux progrès techniques, à la maîtrise féminine de la fécondité et à une plus grande participation des femmes à la vie sociale - mais non sans résistance et déplacement des discriminations. Ici l'histoire tend la main aux autres sciences humaines, sans épuiser le champ du possible ni parler de façon univoque. Du moins espère-t-on montrer la valeur scientifique d'une approche sexuée de l'histoire et inviter à la réflexion sur les enjeux de notre temps."
Natalie Zemon Davis (born November 8, 1928) is a Canadian and American historian of the early modern period. She is currently an Adjunct Professor of History and Anthropology and Professor of Medieval Studies at the University of Toronto in Canada. Her work originally focused on France, but has since broadened to include other parts of Europe, North America, and the Caribbean. For example, her book, Trickster Travels (2006), views Italy, Spain, Morocco and other parts of North Africa and West Africa through the lens of Leo Africanus's pioneering geography. It has appeared in four translations, with three more on the way. Davis' books have all been translated into other languages: twenty-two for The Return of Martin Guerre. She was the second female president of the American Historical Association (the first, Nellie Neilson, was in 1943). She has been awarded the Holberg International Memorial Prize and National Humanities Medal and been named Companion of the Order of Canada.
**Source**: [Natalie Zemon Davis](https://en.wikipedia.org/wiki/Natalie_Zemon_Davis) on Wikipedia.
Histoire des femmes en occident: XVIe-XVIIIe siècle
Extrait de la couverture du vol. 1 : "Projet démesuré que de couvrir près de vingt siècles d'hisoitre du monde antique gréco-romain, de parcourir un espace qui va des rivages de la Méditerranée à ceux des mers du Nord, des colonnes d'héraclès aux rives de l'Indus, de se plomger dans des documents aussi divers que les tombes d'une nécropole, la stèle inscrite plaquée aux murs du sanctuaire, le rouleau de papyrus, la scène peinte sur la panse d'un vase ... et une littérature grecque et latine qui, si elle n'a pas donné la parole aux femmes, a beaucoup parlé d'elles. On l'aura deviné, ce livre n'a pas pour fonction de remplacr l'énome production qui existe en ce domaine. Il aborde un petit nombre seulement des questions qui nous ont paru importantes pour aider à comprendre la place des femmes dans le monde antique et, plus encore peut être, dans la perspectives d'un ensemble de volumes tratant de l'histoire des femmes, comprendre les fondements d'habitudes mentales, de mesures juridiques, d'institutions sociales qui ont duré des siècles en Occident." Extrait de la couverture du vol. 2 : "Ces femmes du Moyen Âge, à qui maîtres, époux et censeurs dénient la parole avec tant de constance, ont finalement laissé plus de textes et d'échos de leur dire que de traces proprement matérielles. Le millénaire que couvre ce volume laisse, vers son début et vers sa fin, passer, un peu plus assurée, la parole même des femmes, bien qu'il faille tendre l'oreille pour la saisir, assourdie, dans le brouhaha immense du choeur des hommes. Leur discours, leurs témoignages ou leur cri nous permettent simplement de percevoir comment ont mûri en elles les modèles que directeurs de conscience ou maîtres du savoir leur imposaient, les images que les hommes leur renvoyaient d'elles-mêmes, parfois leur refus de cette vision déformée, et toujours la manière dont ces "images" se sont inscrites dans leur vie et leur chair. L'histoire tout court a tout à gagner à prendre en compte sa part féminine." Extrait de la couverture du vol. 3 : "De quelque côté que l'on se tourne, elle est présente, infiniment présente, du XVIe au XVIIIe siècle, sur l'ensemble des scènes domestique, économique, intellectuelle, publique, conflictuelle, et même ludique, de la société : la femme est là. D'elle on parle beaucoup, à perte de vue, afin de mettre l'univers en ordre : mais ici gît le paradoxe. Car ce discours pléthorique et ressassé sur la femme et sa nature est un discours traversé par le besoin de la contenir. On le pressent dès maintenant : le discours ne rend pas compte de la réalité de son existence ; aveugle, il ne la voit qu'à travers une image, celle de la femme risquant d'être dangereuse par ses excès, elle qui est si nécessaire par ses fonctions de mère. Le discours ne la montre pas, il l'invente, la définit à travers un regard savant qui ne peut que la soustraire à elle-même." Extrait dela couverture du vol. 4 : "L'image d'un XIXe siècle sombre et triste, austère et contraignant pour les femmes, est une représentation spontanée. On aurait tort de croire cependant que cette époque est seulement le temps d'une longue domination, d'une absolue soumission des femmes à une codification collective précise, socialement élaborée. Car ce siècle signe la naissance du féminisme, mot emblématique qui désigne tout aussi bien des changements structurels importants (travail salarié, autonomie de l'individu civil, droit à l'instruction) que l'apparition collective des femmes sur la scène politique. Ainsi faudrait-il dire plutôt que ce siècle est précisément le moment historique où la vie des femmes change, plus exactement le moment historique où la perspective de leur vie change ; temps de la modernité où est rendue possible une position de sujet, individu à part entière et actrice politique, future citoyenne." Extrait de la couverture du vol. 5 : "A étudier aujourd'hui, privilège de l'histoire contemporaine, des vies de femmes qui ont traversé le siècle, on est frappé par le tragique et le grandiose de leurs existences. Happées par la guerre, la révolution ou la dictature, mais aussi spectatrices et actrices d'un formidable bouleversement entre les sexes. Incontestablement la vie des femmes a changé, et l'égalité sexuelle progressé au XXe siècle, sous la pression bien sûr des féministes, grâce aussi aux progrès techniques, à la maîtrise féminine de la fécondité et à une plus grande participation des femmes à la vie sociale - mais non sans résistance et déplacement des discriminations. Ici l'histoire tend la main aux autres sciences humaines, sans épuiser le champ du possible ni parler de façon univoque. Du moins espère-t-on montrer la valeur scientifique d'une approche sexuée de l'histoire et inviter à la réflexion sur les enjeux de notre temps."
Natalie Zemon Davis (born November 8, 1928) is a Canadian and American historian of the early modern period. She is currently an Adjunct Professor of History and Anthropology and Professor of Medieval Studies at the University of Toronto in Canada. Her work originally focused on France, but has since broadened to include other parts of Europe, North America, and the Caribbean. For example, her book, Trickster Travels (2006), views Italy, Spain, Morocco and other parts of North Africa and West Africa through the lens of Leo Africanus's pioneering geography. It has appeared in four translations, with three more on the way. Davis' books have all been translated into other languages: twenty-two for The Return of Martin Guerre. She was the second female president of the American Historical Association (the first, Nellie Neilson, was in 1943). She has been awarded the Holberg International Memorial Prize and National Humanities Medal and been named Companion of the Order of Canada.
**Source**: [Natalie Zemon Davis](https://en.wikipedia.org/wiki/Natalie_Zemon_Davis) on Wikipedia.